La phrase complète est “Lacrimosa dies illa”. Ce qui se traduit par “Jour de larmes, celui-là”,
Il s’agit de la première phrase d’un “morceau” du requiem de Mozart. Œuvre que j’ai eu le bonheur d’entendre hier soir, en l’église Saint Jean de Bar-le-Duc.
Je vous propose de l’écouter :
Je vous rassure, je n’ai pas pleuré. Certes, à plusieurs reprises, je me suis senti vêtu par l’épiderme d’un galinacée, mais je n’ai pas pleuré.
Je vois d’ici tes yeux écarquillés ami lecteur qui sait bien que mes gouts musicaux sont habituellement plus proches de Chicago que de Vienne. Tu te demandes avec une inquiétude somme toute bien légitime : mais qu’est-il donc diable allé foutre dans la Meuse pour entendre une messe aux morts ?
Je m’en vais te répondre mon ami. En deux parties.
Primo, je rêve d’entendre cette œuvre depuis que, alors que j’étais encore un adolescent, j’ai vu le film “Amadeus” de Milos Forman. Car si les trois heures que dure le film m’ont touché, il y a une scène en particulier qui m’a bouleversé, celle où Mozart, mourant dans son lit, dicte à Salieri le “Confutatis”, autre morceau du requiem.
Je sais, Mozart n’a jamais dicté quoique ce soit à son rival italien, je sais, la narration de sa vie est très mal adaptée. Je rappelle que c’est du cinéma et que Mr Forman n’a jamais voulu faire une biographie de Mozart mais l’adaptation d’une pièce de théâtre qui narrait la jalousie qu’éprouvait Salieri à l’encontre de Mozart.
Ce sacré “Confutatis”, je me devais de l’entendre en vrai un jour. C’est fait.
Secundo, parmi les plus de cent choristes, bien alignés façon photo de classe, qui auront rempli l’espace de l’église de la pureté de leurs voix, il y en a une que je connais bien et pour qui j’ai beaucoup d’affection. C’est mon amie Julie, qui n’est pas seulement membre d’une association de création cinématographique dont je tairai le nom, mais aussi choriste, flutiste et violoncelliste dans une bonne demie douzaine de formations. Quand elle m’a dit qu’elle chanterait le Requiem, je lui ai promis d’y aller, j’ai tenu ma promesse.
Croyez mois si vous voulez, rendez-vous vite sur n’importe quel skyblog si vous ne me croyez pas, bien qu’écrite pour les morts, cette musique est belle et bien vivante. Il est bel et bien nécessaire de venir avec de l’énergie, pour la jouer ou pour l’entendre.
Mes connaissances en musique sont bien trop ridicules pour que j’avance ici quelque argument théorique relatif à l’harmonie, à la structure ou je ne sais quoi encore. Je sais seulement que la tonalité principale est le Ré mineur. Comme “Sultans of swing”. Alors ?
Alors je suis heureux d’avoir passé plus de temps dans ma voiture que dans la salle.
Je suis heureux d’avoir vu une lumière inédite sur le visage de mon amie.
Et je prends pour moi, spectateur, une phrase qu’a dite le chef de chœur à ses artistes : Mozart vous fait confiance.
Non, il n’est pas trop tard pour se confronter au clavier. Hier, à cette heure ci, je rentrais tout juste d’une soirée de tournage, alors ?!
Quelques mots sur le dernier tournage alors.
Le lendemain, c’était une autre paire de manches. Cette fois, nous étions à l’extérieur et il ne fallait pas qu’il pleuve. Fidèle à sa réputation de gardienne du temple, la bonne étoile qui nous protège depuis le premier jour a fait son oeuvre : il a plus l’après-midi, il a plus la nuit. En fait il a plus tout le temps sauf quand on tournait. Certes il y a eu du vent, il nous aura fait tremblé et pas seulement de froid. Quand la caméra est tombée par terre, balayée par une rafale, nous avons bien cru que c’en était fini; Et ben non ! Même pas mal ! On dit merci à l’étoile et on prépare le plan suivant !
Tous les lundis, mon hébergeur m’envoie par courriel le rapport de fréquentation de ce blog.
Une fois n’est pas coutume, c’est avant une nouvelle période de tournage que je m’exprime.
Cela fait aujourd’hui 3 ans que Microsoft Windows (r) a disparu de mon ordinateur.
Supercherie. Voilà ce qu’est le cinéma : une supercherie !
Je dois bien l’avouer : ce week-end de tournage, je l’appréhendais un peu.